Back to the roots !
#Episode 13 - Au cœur des racines.
Salut les chercheurs d’hors !
Vous le connaissez cet adage ? “A la Sainte Catherine, tout bois prend racine”. C’est la base de notre épisode du jour. D’où vient cette expression ? Et les racines, à quoi servent-elles ? Que représentent-elles pour nous ?
On vous parle de :
non pas d’une racine mais DES racines
de leurs super-pouvoirs
d’art !
Si tu aimes ces mots doux, tu peux :
T’abonner pour recevoir les prochains épisodes et nous soutenir
Partager la newsletter autour de toi. Cela nous permet de toucher et d’interroger plus de monde.
Lire les précédents épisodes ici.
C’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup ;)
Le coup de projecteur de l’épisode : Cœur de forêt
Cœur de Forêt est une association française qui agit sur le terrain, auprès des populations, pour éradiquer la dégradation des forêts à sa racine, en donnant à chacun le pouvoir d’agir pour leur préservation. Ils agissent directement en partenariat avec les populations locales avec une vision holistique : plantation d’arbres, sensibilisation, transition vers l’agroécologie et développement du commerce équitable.
Je les ai rencontré sur un salon dédié au développement durable où ils présentaient une super exposition qu’ils ont créé et où j’ai découvert l’histoire du Ficus benghalensis dont on te parle plus bas.
Va tester leur super quizz pour savoir quel arbre sommeille en toi ! Pour moi c’est le Canarium.
Le hors-piste de la rédac’
Marcher pieds nus, pour moi, c’est assez commun. J’aime la sensation des sols. Leur texture, comme leur température m’apporte une forme de bien être. Il m’arrive de sortir de chez moi pieds nus avec mes chaussures à la main. Au cas ou elles seraient nécessaires.
Je ne me suis jamais vraiment posé la question. Le geste est plutôt instinctif et banal. Alors j’ai profité de cet épisode sur les racines pour interroger ma reconnexion au sol par la plante des pieds.
Je suis assez grand, environ 1m87, et je crois que lorsque je marche pieds nus dehors, dans l’herbe fraiche qui se réveille le matin, ou sur un chemin de terre dessiné par les racines des arbres, je me ressens des pieds à la tête. Je me ressens entièrement. C’est à la fois agréable et serein. Cela me stabilise et me donne une certaine énergie. En fait, en enlevant mes semelles de caoutchouc, je me reconnecte à un truc essentiel grâce au contact du sol.
J’ai découvert dans le dernier les Others que cela avait un nom : le grounding. Le sol possèderait une charge négative et marcher pieds nus déclencherait un échange électrique stimulant l’organisme. Génial non ?
Marcher pieds nus serait donc une façon de se rebrancher !
Marcher pieds nus dans la nature ou les racines du bien être. Simple, accessible, sans abonnement.
Dans notre drôle de période actuelle, traversée par un mélange de folie géopolitique et de nouveau monde prompté à l’IA, je pense que la joie est un acte de résistance. Alors enlevons nos chaussures le temps d’un instant et marchons pieds nus. Pour se rebrancher à soi et à ses racines.
Comment crâner devant tes enfants ou ton coiffeur !
Vous saurez tout sur la grande touffue, la petite joufflue, la longue poilue…tout sur les racines.
Les racines sont le premier organe que la plante développe dans sa phase de germination.
On pense toujours aux racines souterraines mais elles peuvent être aquatiques comme celles des nénuphars par exemple qui flottent simplement sur l’eau et aident la plante à se stabiliser.
Celles des orchidées par exemple sont aériennes. Elles permettent à la plante d’absorber l’humidité et les nutriments. Non, on ne coupe pas les racines si elles dépassent du pot, on rempote la jolie dans un pot plus grand !
D’autres, dans les mangroves par exemple sont appelées échasses.
Les pouvoirs des racines
Une vraie ancre qui permet aux arbres de résister en cas de tempête, au lierre de se coller et de s’installer dans des endroits improbables, comme des zones quasiment dépourvues de terre. On a tous en tête une photo de racines au dessus d’un bâtiment.
Un rôle d’ascenseur : la racine remonte l’eau et certains éléments minéraux rares, plus aisément capturables en profondeur, pour les redistribuer en surface.
Un grenier : les racines stockent des réserves d’énergie.
Bureau de pilotage et de défense : grâce aux réseaux mycorhiziens (dont on parle plus en détails dans l’épisode 11), les plantes peuvent partager des ressources, envoyer des signaux d’alarme et coordonner leurs réponses aux parasites ou à d’autres menaces.
Filtre : Le pouvoir filtrant des racines désigne la capacité qu’ont les plantes à piéger, retenir, transformer ou dégrader certaines substances présentes dans le sol ou l’eau. C’est l’un des mécanismes clés utilisés en phytoremédiation (dépollution par les plantes) ou dans les zones humides filtrantes.
Et chaque racine a sa fonction : les grosses servent de charpente pendant que les moyennes colonisent de nouveaux territoires et les plus fines sont dédiées à l’absorption via des poils absorbants.
On joue ? Donne m’en 5 !
Sauras-tu me citer 2 racines comestibles, une racine magique, un tubercule comestible et un rhizome ?
Des racines comestibles, en voici : la carotte, le navet, le panais, le radis, le céleri-rave, le persil-racine et le rutabaga. Une moins connue est la racine du pissenlit qui se mange aussi en purée, revenue à la poêle ou sous forme de frites.
Une racine magique ? Celle de la mandragore. Qui paraît d’ailleurs beaucoup moins épouvantable que dans Harry Potter. La racine de la mandragore a une forme particulière qui nous fait penser à un mini-corps humain. Une touche de magie l’entoure car elle est souvent considérée comme la plante des sorcières et des sorciers.
Une racine sacrée ? Celle du banian, ou Ficus benghalensis. Hermanus Remah, alias Man t’en parle mieux que moi dans cette vidéo réalisée par Cœur de forêt.
Ensuite, un tubercule. C’est un organe de réserve de nutriments généralement souterrain. Tu connais le gingembre, le curcuma et le manioc par exemple.
Un rhizome est une tige souterraine qui stocke des réserves nutritives et qui pousse le plus souvent à l’horizontal. Elle porte des nœuds qui peuvent produire des tiges aériennes et des racines. On visualise souvent le rhizome des bambous mais certains sont comestibles comme les pommes de terre, les ignames, le taro, les patates douces et les topinambours
Graines créatives
“A la Sainte Catherine, tout bois prend racine” : petite histoire du dicton.
Le dicton de la Sainte Catherine fait référence à un savoir-faire ancestral bien connu des jardiniers et horticulteurs : la bouture en bois sec. Cette technique consiste à enfoncer dans le sol un simple morceau de bois ou une branche sans racines ni feuilles, pour qu’il pousse et fasse des feuilles au printemps. Et c’est au moment de la Sainte Catherine que la bouture en bois sec fonctionne le mieux.
Au fil des siècles, le dicton s’est étendu du simple bois à l’arbre, englobant maintenant la plantation d’arbres et d’arbustes, en racines nues ou en pot.
Pourquoi la Sainte Catherine est-elle propice à la plantation ?
Le 25 novembre correspond au moment où les arbres et les arbustes se mettent en dormance. Les sucres produits par la photosynthèse des feuilles se sont concentrés dans les bois (branches, troncs et racines) pour assurer la survie de la plante pendant l’hiver. Quand il est planté à cette période, le bois a donc plus de réserves pour fabriquer de nouvelles racines et bien démarrer au printemps.
La Sainte Catherine, c’est aussi la fin de l’automne. Cette période pluvieuse offre tous les éléments favorables à la plantation.
Mais Il n’y a pas qu’à la Sainte Catherine que tout bois prend racine.
Rassurez-vous, vous n’avez pas qu’une seule journée pour effectuer toutes vos plantations !
Repérez les jours avec un temps nuageux, sans vent, sans pluie, sans gel. Ils sont nombreux au cours de l’hiver !
L’art et la science des racines
À la croisée de la science et de l’art, le Wurzelatlas est une collection unique qui dévoile les systèmes racinaires de plus de 1 000 plantes. Ce projet, initié dans les années 1960 par des chercheurs autrichiens allie rigueur scientifique et beauté graphique. Les scientifiques ont minutieusement illustré à la main les racines de plantes cultivées et sauvages.
Ces dessins détaillés, aujourd’hui accessibles en ligne grâce à la numérisation par l’Université de Wageningen, ne sont pas seulement des outils scientifiques. Ils révèlent la diversité incroyable et l’ingéniosité des systèmes racinaires, souvent invisibles, à la base de la vie végétale. Ces illustrations, alliant précision et esthétique, témoignent de l’engagement des chercheurs, qui ont consacré des années à reconstituer avec soin ces “architectures souterraines”.
Les racines, longtemps négligées dans les études botaniques, sont désormais reconnues pour leurs rôles essentiels.
Dans le Wurzelatlas chaque dessin est une œuvre à la fois technique et esthétique, une invitation à redécouvrir l’invisible monde des racines.
L’histoire du dernier tableau de Van Gogh
Le savais tu ? Le tout dernier tableau de Vincent Van Gogh est une peinture de racines.
Le 27 juillet 1890, à Auvers-sur-Oise, Vincent Van Gogh sort peindre comme il le fait presque chaque jour. Sur le chemin des champs, à quelques centaines de mètres de l’auberge où il loge, il s’arrête devant un talus couvert de racines noueuses et de troncs entrelacés. Il installe son chevalet et commence à travailler.
Ce tableau, Racines d’arbres, sera sa toute dernière œuvre. Quelques heures plus tard, il se suicide.
Pendant plus d’un siècle, l’endroit précis où il avait peint ce tableau reste un mystère. C’est seulement en 2020 que le spécialiste Wouter van der Veen identifie le lieu en retrouvant par hasard une vieille carte postale d’Auvers-sur-Oise.
Aujourd’hui, on peut se rendre à cet endroit exact et voir les vestiges des racines qui ont inspiré Van Gogh lors de ses dernières heures. Une scène simple, modeste — mais qui restera son ultime regard sur le monde.
Bibliothèque sonore
A écouter pour aller plus loin : Racines : vingt mille liens sous les terres
Le dernier mot de la rédac !
« Nos racines ne sont jamais simples. Elles plongent dans des terres multiples. »
Les Identités meurtrières (1998) Amin Maalouf
Merci d’avoir lu cet épisode jusqu’au bout !
À qui pourrais-tu le partager ?
Partage avec nous ton ressenti
Pour nous écrire des mots doux, voici notre adresse : leschercheursdhors@gmail.com
Si ça t’a inspiré, VA DEHORS !
A tout bientôt,
Amélie, Marine et Nico ou La rédac’










